• Caroline Hébert

5 choses que la vie en van m’a enseignées


Lorsqu’au printemps 2019 je pris la route à bord de ma van pour un périple d’au moins un an, je n’avais aucune idée dans quelle aventure je m’embarquais. Je n’avais jamais voyagé ni en van, ni en VR. Je n’avais jamais entrepris de voyage plus long que trois semaines à la fois. Ma vie d’alors était réglée au quart de tour, j’avais une carrière, une stabilité financière, une maison, une voiture de l’année, un agenda rempli jusqu’au bouchon et chacune de mes journées était planifiée, réfléchie et structurée telle celle d’un général de l’armée de l’air.


Le 15 avril 2019, j’allais balancer tout cela à bout de bras. C’était le défi que je m’étais imposé douze mois plutôt et j’allais soit le relever haut la main, soit revenir au bout de quelques semaines, confuse, déçue et bredouille, et je reprendrais une nouvelle vie de stress, de travail et de contraintes, une vie à laquelle j’étais habituée.


Mais je n’ai pas rebroussé chemin. J’ai embrassé cette vie à pleine gueule, je me suis gavée de liberté, je me suis épanouie telle une fleur qui trouve son chemin vers le soleil entre les craques du bitume sous lequel elle a tenté d’émerger toute sa vie. J’ai parcouru le continent les yeux grands ouverts, le cœur maintenant à la bonne place, l’esprit en ébullition et l’âme pleine d’une nouvelle paix. Cette première année de nomadisme, de minimalisme et de marginalisme m’a enseigné cinq choses, entre autres, sur moi-même et sur la vie en général, que je n’avais pas encore comprises à l’aube de mes 37 ans.

Vie en van nomade

1. On fait souvent preuve d’une bien plus grande capacité d’adaptation et de résilience que l’on croit


L’inconnu, le « trop de liberté » d’un coup, se jeter dans le vide… ça fait peur. Mais dès le jour 1, le cerveau tombe en mode survie. On est confronté chaque jour à des questions qu’on ne s’était jamais posées auparavant. Où vais-je dormir ce soir ? Où vais-je vidanger mes eaux usées et remplir mon réservoir d’eau potable cette semaine ? Si je me fais réveiller en pleine nuit et qu’on me demande de quitter les lieux, comment vais-je réagir, où vais-je aller ? Aurais-je accès à du réseau internet pour travailler ? Et si un bris mécanique survenait ? Une tonne de questions nous hantent alors que l’on prend la route, seul et en apparence bien démuni, pour avaler les tout premiers kilomètres de notre nouvelle destinée.


Mais une fois le mode survie ayant fait ses preuves, on réalise qu’on est capable de s’adapter facilement malgré la rigidité qui nous habitait dans notre vie d’avant. On réalise qu’on se débrouille comme un ninja, qu’on ne manque de rien, qu’on a développé en un temps record de nouvelles aptitudes telles que de trouver d’excellents nightspots en moins de 10 minutes peu importe où l’on se trouve. On prend rapidement ses aises et c’est là, quelques jours après le grand départ, que l’angoisse diminue et que le vrai fun commence. Et que l’on se demande pourquoi on n’avait pas eu le courage de partir bien avant.


Boondocking nightspot vanlife


2. On a réellement besoin d’à peu près 5 % de ce que notre maison contient… et peut-être encore moins !


Lorsque j’ai tout quitté pour vivre la vanlife à temps plein, je partais d’une maison de 2000 pieds carrés comportant trois chambres, un bureau, deux salles de bain et demi, et une grande remise. J’ai trié, vendu, donné à tout vent pendant des mois afin de ne conserver que l’essentiel, c’est-à-dire ce que je croyais fondamental à ma vie quotidienne.


Une fois les quelques articles en question bien installés à bord de la van, je me suis rendu compte, au bout d’un mois, que j’avais encore trop de matériel. J’ai donc troqué et donné d’autres items encore avec des voyageurs rencontrés en cours de route. Au final, ma vie entière se résumait au contenu de ma van, qui pouvait finalement entrer dans trois bacs de rangement Rubbermaid.


Le plus beau dans tout ça : je n’ai jamais manqué de rien, ou regretté de m’être départi de quoi que ce soit. Je suis devenue une minimaliste heureuse, maintenant libre de toute possession superflue et le concept m’allait à merveille. Plus on accumule de biens matériels, plus on dépense, plus on doit entretenir et plus on a besoin d’espace de rangement. En devenant minimaliste, on ne possède que ce qui nous fait vraiment plaisir, ce qui est essentiel à notre vie de tous les jours et on se concentre davantage sur les expériences, les découvertes, le moment présent et les relations que sur les objets, et cela, je vous garantis que c’est gage de sérénité et de plénitude.



3. Loin des yeux, loin du cœur ? Non… Loin des yeux, loin de la pression sociale et du besoin de performance


Ce qu’un an à parcourir le continent m’a apporté, c’est entre autres l’opportunité d’être moi-même, sans compromis. Workaholic de haut niveau, je carburais par le passé à la performance, l’image, l’efficacité, le travail et le paraître. Je ne me permettais jamais de relaxer si une quelconque tâche restait à accomplir, autant dire que je ne relaxais jamais.


Je me suis rapidement aperçue que plus les kilomètres m’éloignaient de ma vie d’avant, plus je me permettais de vivre et d’être, tout simplement. Comme si je laissais les yeux de mon entourage derrière, le jugement de mes pairs et les attentes d’autrui derrière moi. La liberté d’être l’étrangère m’ouvrait la voie à l’oisiveté, au plaisir et à la légèreté sans culpabilité. Nul n’était présent pour constater que je flânais au lieu de produire, nul ne remarquait que je visitais un musée au lieu de travailler, que je lisais un bouquin sur la plage au lieu de nettoyer, ranger ou organiser. J’étais enfin moi-même, loin de la pression sociale et de l’obligation d’être au top en tout temps.


Bien sûr, toutes ces idées préconçues et ce sentiment d’être jugée se passaient entre mes deux oreilles et j’aurais tout à fait pu être cette personne libre à la maison sans avoir à partir à l’autre bout du pays. Mais les apprentissages et habitudes d’une vie entière sont difficiles à défaire et nécessitent parfois un traitement choc. La vanlife fut le mien.


Vanlife et vivre le moment présent


4. Vivre le moment présent, ce n’est pas qu’un adage à la mode pour embellir les titres des livres de pop-psycho


Avoir à combler les besoins de base de la pyramide de Maslow chaque jour, ça recadre le focus dans le ici et le maintenant. Trouver où dormir, chercher de l’eau potable, trouver un endroit où se doucher, assurer sa sécurité physique et vivre avec le strict minimum sont des activités quotidiennes que peu de gens en Amérique du Nord ont à se soucier. Le fait de devoir y penser et agir en conséquence chaque jour engendre un état d’esprit particulier, où l’on baigne dans le vrai moment présent, loin des regrets passés et du stress de l’avenir.


Vivre sans domicile fixe, au gré des attraits dénichés, des gens rencontrés, des nightspots trouvés est aussi gage du bonheur de vivre dans le moment présent. On peut avoir planifié parcourir ce jour-là 20 km pour visiter un monument quelconque et dormir à un certain endroit, et se retrouver, suite à une rencontre fortuite avec un autre voyageur, à plutôt parcourir 200 km, partir en randonnée et passer la soirée au bord du feu avec trois autres vanlifers en roadtrip. En vanlife, « pas de plan » est souvent le meilleur plan. Chaque jour comporte son lot d’aventures et de découvertes et le fait de rester souple et à l’écoute de ses désirs et des opportunités qui se présentent est gage d’un périple extraordinaire qui nous laissera en mémoire des souvenirs impérissables.



5. La liberté est une drogue


Une fois que l’on a goûté à la liberté totale qu’apporte la vanlife, il est très difficile d’y renoncer, du moins pour une longue période de temps. Le retour à la vie sédentaire est parfois agréable l’espace d’un instant (avouons que d’avoir un endroit en permanence où dormir, se doucher, faire ses besoins et pouvoir profiter l’électricité et l’eau courante à l’infini est bien agréable à l’occasion), mais au bout d’un certain temps, en général, les « bibittes » nous reprennent. Ces fourmis dans les jambes et dans le cœur qui nous redonnent cette soif de l’aventure, de liberté et d’émerveillement.


Plusieurs nomades ayant retrouvé une vie « normale » de sédentaires avouent souvent avoir le sentiment d’étouffer après quelques mois. L’accumulation de biens matériels, le fait de se réveiller tous les matins devant le même paysage, de ne plus rencontrer de voyageurs de tous les horizons, de ne pas être ébloui par un nouvel attrait, un nouveau coucher de soleil, une nouvelle activité ou un nouveau panorama chaque jour donne souvent les blues, une petite déprime due au fait d’être passé de la plus grande liberté qui soit à un contexte stable perçu comme rigide et opprimant. La vie normale devient parfois une prison pour le nomade en soif d’exploration.


Vanlife boondock


La vanlife, ce n’est vraiment pas pour tout le monde. Certaines personnalités ne pourront se résoudre et apprécier le manque de confort, les aléas d’une vie sur la route, la solitude et l’étroitesse du milieu de vie qu’est une van. Toutefois, si, comme moi, les traits de caractère que vous croyez être un obstacle à la vanlife sont la peur de l’inconnu, le besoin de contrôle et l’inquiétude face aux imprévus, sachez qu’au contraire, la vie en van se révélera peut-être bien la réponse à tous vos maux et la voie à tenter afin de retrouver votre réel « moi ».


Bonne route !

Par Caroline Hébert


''Il y a deux ans je vendais tout : maison, voiture, meubles... Je quittais mon emploi et j'achetais ma première van. Mon but : me retrouver, explorer, décrocher VIVRE et parcourir l'Amérique. J'ai rapidement compris que ce serait la plus belle année de ma vie. Douze mois de nomadisme, de minimalisme et de marginalisme qui ont changé mon existence à jamais. Je partage maintenant ma passion avec le monde, en faisant découvrir la #vanlife à tout voyageur en soif de liberté, de nature et d'aventure, par l’entremise de Rubber Tramp vanlife.''


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